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Tendances du marché Wetsuits : Hiver 08/09

23 Apr 2008

Tendances du marché Wetsuits : Hiver 08/09
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En dépit d’un hiver relativement doux, l’année 2007 aura été excellente pour le marché de la combinaison. Chez la plupart des spécialistes du wetsuits, on parle même de croissances à 2 chiffres ; tendance de plus en plus rare sur le marché des produits techniques de surf. Aussi, du côté des détaillants, tous ceux qui ont choisi de suivre cette tendance en misant gros sur le technique ont eu raison.
Même si, à l’heure de cet article, les fabricants restent encore assez discrets sur leurs collections 2008/2009, certains ont accepté de jouer le jeu en nous dévoilant quelques indices sur leurs créations de l’hiver prochain.
Plus de chaleur, moins de poids, des tailles de plus en plus précises et des prix qui restent stables… les spécialistes du néoprène se démènent pour tenir leurs promesses vis à vis des consommateurs (de plus en plus friands de haut de gamme) avec toujours le même objectif en tête depuis des années, à savoir : rester toujours plus longtemps dans l’eau froide et profiter du moindre swell au maximum…
Rapport de Denis Houillé.


Le néoprène, vecteur de croissance
Quand on parle de wetsuits avec les principaux détaillants, la satisfaction est générale et l’on comprend que 2007 est loin d’avoir été une mauvaise année. Car même si l’hiver a été doux dans l’ensemble, la demande en combinaisons est restée forte.
Aussi, les magasins les plus core semblent avoir pris le contre-pied du textile en misant tout sur le technique. Et ils ont eu raison. Les combinaisons et plus précisément le néoprène sont des produits à forte valeur ajoutée qui permettent à beaucoup de shops de s’en sont sortir, sans trop prendre de risque.
Pour Tom de Secret Spot Surf Shop (NY, England), la combinaison est toujours synonyme de profits, « on s’assure d’avoir toujours un stock important de combinaisons dans toutes les tailles afin de ne jamais rater une vente. Par ailleurs, on réalise désormais 20% de nos ventes de combinaisons par internet. »

Du côté des fabricants comme chez O’neill Wetsuits, filiale directe de O’Neill USA, l’année 2007 aura été excellente. Au sein de la division wetsuits basée a Bidart (64), on parle même d’une croissance à 2 chiffres, une performance manifeste sur le marché délicat des produits techniques de surf.

Chez Rip Curl, la situation est également au beau fixe. Avec deux champions du monde dans leurs combinaisons, et l’award du produit le plus innovant pour la H bomb au dernier Eurosima, Rip Curl avance confortablement et annonce des chiffres de croissance record. Les Bomb series ont en effet récolté un énorme succès en 2007 et vont toutes être remodifiées pour l’hiver prochain.



XCEL, après avoir été élu fabricant de combinaisons de l’année par la SIMA, confirme sa position de leader sur le marché des produits techniques de surf en 2007 et est également en train de s’imposer sur les marchés du kiteboard et du wakeboard. Cette année, la marque a réussi à placer la barre très haut en matière de performance et s’apprête à repousser encore plus loin ses objectifs pour 2008.

Idem chez Billabong, où l’on parle de 2007 comme une année synonyme de ventes et de progression dans toutes les gammes, avec une tendance encore plus marquée sur le haut de gamme, comme nous le détaille plus loin Francois Liets.

Même tendance observée chez Quiksilver, avec des retours très bons de la part consommateurs et quasiment nuls du côté du SAV. « Nous finissons une année 2007 assez exceptionnelle en termes de résultat avec une progression annuelle de plus de 30% de CA et surtout une forte progression dans la vente de tous nos produits haut de gamme. » Jean-Louis Poupinel, Business Unit Manager Wetsuits & Accessories.

Les tendances haut de gamme
Conscients des évolutions techniques de chaque fabricant, les consommateurs(trices) de néoprène n’hésitent plus au moment de s’équiper et se dirigent désormais sans hésiter vers les produits les plus techniques de chaque marque.

Pour sa nouvelle gamme, Billabong intègre désormais un néoprène G3 d’origine japonaise dont les propriétés sont d’être plus léger et de retenir moins d’eau. « C’est un néoprène à mémoire qui même après 300 heures retrouve sa forme originale » nous confirme Francois Liets, chef produit Wetsuits, Billabong Europe.

De même, chez Rip Curl, l’hiver 2008/2009 s’annonce en effet très prometteur avec l’arrivée d’un nouveau néoprène, l’E3 dont les propriétés sont d’être 30% plus souple, 20% plus léger, et 5% plus chaud que le néoprène traditionnel. Ce dernier sera utilisé dans toute la gamme Wetsuits de Rip Curl : Ultimate, Core et Classic.
Parmi les principales sorties prévues pour l’hiver 2008/2009, on note l’arrivée du pro model E-bomb (compose à 100% de néoprène E3) puis la G-bomb, une combinaison spécialement conçue et développée pour les surfeuses : « la coupe et l’assemblage des différentes pièces sont toutes adaptées aux besoins des surfeuses » nous confirme Wilco Prins, Rip Curl Wetsuits.

Cette tendance au technique s’observe également chez les femmes. Alors qu’avant elles se dirigeaient majoritairement vers les produits les plus basiques, les utilisatrices de néoprène ciblent maintenant à juste titre les produits les plus performants de chaque marque comme nous le confirme Tom de Secret Spot Surf Shop (NY, England) « on vend de plus en plus de combinaisons femmes, et plus seulement les entrées de gammes comme avant. »

Du gadget à la technologie

Que ce soit en matière de fermeture, de système chauffant ou tout simplement de néoprène dans sa composition, les marques travaillent d’arrache pied pour proposer des nouveaux concepts et c’est l’industrie toute entière qui en bénéficie.

Aussi, chez Quiksilver, une pléthore de nouveautés nous attend pour l’automne/hiver 2008 avec une gamme entièrement redessinée. « Notre attention s’est portée plus particulièrement sur les patronages et les matériaux, afin d’augmenter la perception de confort pour le consommateur ». Jean-Louis Poupinel, Business Unit Manager Wetsuits & Accessories.

L’été 2008 va permettre à Xcel de poursuivre le développement de son système de fermeture, déjà testé et approuvé de tous, le Infiniti X-zip system. Ce front zip, sans velcro développé par Xcel a redéfini les normes de design des wetsuits, tant et si bien que la plupart des constructeurs l’ont adopté.

Du côté de chez Tiki, l’hiver 2008 s’annonce chaud avec la sortie de la première combinaison productrice de chaleur ! Première ? Phil Bridges reste toutefois lucide « bien qu’on ne puisse se dire les premiers en matière de combi chauffante –la H-Bomb de Rip Curl remporte la palme- notre proposition est superbement simple ». Leur trouvaille, la PRODIGY, est une combi zippée au niveau de la poitrine qui promet jusqu’à une de chaleur supplémentaire par session. En intégrant au niveau de la région lombaire, un système de pads interchangeables et réutilisables, les développeurs de chez Tiki défient les lois de la nature. « En combinant un design performant, des matériaux de première classe et un système chauffant, le concept de surfer efficacement dans une eau à -10° devient une réalité» nous confirme Phil.

Chez Gul, on s’est penché sur l’utilisation de chaque partie de la combinaison afin de proposer le bon néoprène au bon endroit. « Nous avons délimité différentes zones sur nos combinaisons de façon à ce que chaque surface soit faite d’un néoprène différent en fonction des besoins du corps. » nous précise Katie Drummond-Dunn, Gul International Marketing Assistant. Certaines surfaces sont strictement destinées à l’isolation du corps et nécessitent avant tout le néoprène le plus thermique. D’autres, comme les parties sollicitées lors de la rame bénéficient d’un néoprène hyper flexible pour permettre une liberté de mouvement total.

Aussi, en matière de couture, O’Neill continue d’innover. Comme nous le confirme, Yannick KERAVEC, Directeur Général O’neill wetsuits « la technicité O’Neill est de savoir anticiper l avenir. » Pour preuve le nombre de brevets déposés par la marque ces dernières années. Après avoir sorti plusieurs concepts comme le Fluid Seam Weld - une colle à base d’uréthane et de silicone - présent sur la Psycho II les développeurs O’Neill proposent des zones stratégiques sans couture, qui ont pour vertu de maximiser l’effet ventouse et éviter toute de déperdition de chaleur.

L’accent sera donc mis cette année sur les innovations au niveau des matières et des coupes. Mais avec toutes ces nouveautés sur le dos, combien va-t-il falloir débourser pour s’équiper convenablement en néoprène ? Pas un centime de plus qu’il y a dix ans… voire même quelques euros de moins !

Inflation zéro !

En travaillant sur des volumes de plus en plus importants, les leaders du marché mondial du wetsuits parviennent à garantir à leur consommateur des produits de haute qualité à des prix réellement abordables.
Depuis 10 ans, contrairement à de nombreux autres produits, les combis sont un des rares segments où les prix n’ont sensiblement pas bougé. Comme nous le confirme Fabrice du shop Freestyle à Anglet (France), « les combis ont gagné en qualité, sans connaître d’augmentation de prix ».
La plupart des marques adoptent en effet une logique de prix exactement là où se situe le marché, à savoir un produit de qualité à des prix corrects. On constate alors que le haut de gamme se vend bien, la plupart des marques s’alignant entre 269 et 300 euros pour leur modèle.

Chez Billabong, « on a même réussi à baisser les prix, entre 2 et 5 % sur toutes nos gammes » affirme François Liets, chef produit Wetsuits, Billabong Europe, « on espère à présent réussir à les maintenir à ce niveau malgré la hausse des prix du pétrole »

Coupes et coloris
La morphologie du surfeur est en train de changer et les marques sont amenées à rectifier leurs coupes et proposer de nouvelles tailles intermédiaires. La taille LS, qui n’existait pas auparavant fera son apparition dans la prochaine collection de tous les fabricants. Comprise entre MT et L, c’est au niveau de la longueur de jambes que se trouve la différence.
Avec des tailles de plus en plus précises, on pourrait presque se payer le luxe d’acheter sans essayer. Les grilles de taille disponibles ou téléchargeables chez les principaux fabricants encouragent le commerce on-line, ce qui permet à certains shops de réaliser jusqu’à 20% de leurs ventes via leur site Internet.

Aussi, au niveau des couleurs, même si chaque marque s’efforce de proposer des éditions limitées avec de nouveaux coloris, le noir reste à 90% la couleur préférée des utilisateurs.
Toutefois, en fonction des régions d’Europe, la palette de couleurs tend à se diversifier. Les marques travaillent alors plus sur des assemblages de couleurs, tels que le gris clair/noir associés à des touches de verts, le gris foncé/ bleu nuit, ou encore le rouge sang/noir.
Chez O’Neill, la collection 2008 arrive avec un design relooké et plus agressif que dans le passé. « Au niveau couleurs, la tech9 est notre référence de couleurs, une combi toute noire avec des stries qui a remporté beaucoup de succès dans tous les magasins » affirme Yannick KERAVEC (Directeur Général O’neill wetsuits).

En matière de couleur toujours, l’été 2008 chez XCEL verra l’apparition de coloris comme le bleu électrique, le rouge sang, avec des imprimés façon graffitis pour les hommes, et des tons framboise, bleu pâle et vert menthe qui viendront agrémentés le noir, marine et gris cendre chez les femmes.

En phase avec l'environnement ?

Écologiquement parlant, le néoprène utilisé par les fabricants de wetsuits pose problème dans le sens où il est composé presque intégralement d’ingrédients pétrolifères.
C’est précisément sur ce point que la marque Patagonia est venu se positionner en développant sa ligne de regulator wetsuits. Car même si pour l’instant, elles ne sont disponibles qu’aux Etats-Unis, les combinaisons développés par la marque utilisent un néoprène japonais haut-de-gamme composé à 80% d’ingrédients non pétrolifères. Leur secret ? Un alliage de polyester recyclé (72%) et de laine mérino (25%) qui a la propriété de garder la chaleur même mouillée et de ralentir la déperdition de chaleur.
Ce système breveté procure au néoprène de la combinaison un taux d’isolation des cellules 98% supérieur au néoprène traditionnel, ce qui ajoute des cavités d’air closes et de ce fait une chaleur supplémentaire. Ainsi, avec une épaisseur de 3mm sur le dos, on obtient la chaleur d’une 5mm. D’une part, on se retrouve avec moins de poids et plus flexibilité dans les mouvements, mais c’est surtout la consommation de néoprène et donc de ressources naturelles qui s’en retrouvent réduites.
Nul doute que cette démarche, soucieuse de l’environnement (récompensée par le prix spécial de l’innovation écologique de l’Eurosima), risque d’en inspirer plus d’un.
C’est d’ailleurs ce que vient d’annoncer Gul pour l’ensemble de ses gammes de combinaisons - désormais toutes composées de néoprène non pétrolifère–. Une réelle vocation pour la marque « et pas seulement une lubie utilisée pour promouvoir nos combis haut de gamme » ajoute Katie Drummond-Dunn, Gul International Marketing Assistant.
Même constat chez Body Glove, où les distributeurs et les agents commerciaux de Body Glove se disent très enthousiastes depuis la sortie en Europe de leur première eco wetsuits (récompensée lors de l’ISPO Munich). « Les ventes dépassent nos attentes » se réjouit Heldert De Glesser,



Des marques qui tiennent leurs promesses et des consommateurs qui n’ont pas peur d’investir : c’est ainsi qu’on pourrait résumer le marché du wetsuits en Europe. Un marché qui ne s’essouffle pas et qui semble être huilé à la perfection pour les années à venir.
D’année en année, des produits toujours plus techniques nous sont proposés et contrairement à beaucoup d’autres produits du secteur, leur prix ne bouge pas. Le haut de gamme reste abordable chez tous les fabricants et tout le monde en (re)demande.
Alors pourquoi se priver d’une ou deux nouveautés dans sa garde-robe… histoire d’avoir toujours une combi sèche qui vous attend.

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